Préciosité

La Préciosité

Le courant précieux se développe en France dans la deuxième quart du XVIIème siècle (on admet les dates 1626-1662). Il se distingue par un usage nouveau du langage, très élégant, mais aussi par un mode de vie digne. Les relations amoureuses y sont idéalisées, notamment dans la vision de l'amour courtois. Il s'oppose aux courants baroque et classique qui se font face au long du siècle. 

Le courant est marqué par la prépondérance des femmes, qui rejettent la supériorité masculine. Cependant, les hommes n'en sont pas pour autant exclus. Le milieu de la préciosité est un milieu noble, qui se développe notamment dans la capitale. L'Hôtel de Rambouillet est la référence pour les Précieux. Puis ce sera le salon de Mademoiselle de Scudéry qui deviendra le plus important après la Fronde. Les aristocrates se retrouvent ainsi dans des salons pour discuter, échanger et rivaliser d'esprit. On y lit des extraits d'oeuvres, on y écrit des poèmes le plus souvent parlant d'amour. Les femmes se regroupaient aussi dans les chambres, assises dans les ruelles, c'est à dire l'espace entre le lit et le mur, dans les alcôves. Le raffinement inspirera les libertins et les salons seront repris par les philosophes des Lumières, puis encore au XIXème siècle. Le courant va voir l'émergence d'une première forme romanesque à travers les exploits héroïques de leurs personnages ou l'amour courtois des romans pastoraux qui mettent en scène bergers et bergères qui se vouent des amours chastes. C'est aussi le début des portraits littéraires qui inspireront Madame de Lafayette pour sa Princesse de Clèves

Les Précieux ont eu une influence non négligeable sur la langue française. D'une part, ils prônaient une orthographe simplifiée, pour que le français parlé soit plus proche du français écrit, car peu de femmes avaient peu accès aux études. Ainsi, des mots comme "auteur" tiennent leur orthographe de cette époque, après la perte d'une lettre (ici le h de "autheur", que l'on retrouve par exemple dans l'anglais author). D'autre part, le vocabulaire s'est enrichi à cette période. En effet, la préciosité a vu la floraison de métaphores et de périphrases utilisées aujourd'hui dans le langage courant. Cela permettait de dire les choses de manière plus raffinée ou plus pudique, mais aussi de montrer l'esprit dont on disposait : on rivalisait d'inventivité quant aux expressions nouvelles. Ainsi sont nées des périphrases telles que "les miroirs de l'âme" pour désigner les yeux, ou l'expression "être brouillé avec quelqu'un". De nombreux termes ont aussi été créés à cette époque,  tels que "féliciter" ou "anonyme", alors qu'ils nous sont tout à fait communs. 

Certains auteurs ont critiqué le courant précieux, notamment Molière dans ses Précieuses ridicules (1659). 

 

Exemples d'oeuvres précieuses : Mademoiselle de Scudéry, Clélie, Le Grand Cyrus ; Honoré d'Urfé, L'Astrée.

 

 
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