Incipit

Le terme « incipit » désigne le début d’un texte. Il peut s’agir des premiers mots, des premières phrases voire des premiers paragraphes. Sa longueur peut donc varier selon les œuvres.

But de l’incipit.

Le but premier d’un incipit et d’attirer l’attention du lecteur afin de l’intéresser. C’est pourquoi certains incipits sont atypiques ou surprenants (voir plus bas).

Il permet aussi de présenter le récit en abordant les thèmes du roman, ou en introduisant des personnages, le lieu ou le contexte.

De plus, un incipit permet de rentrer dans l’action, et il a donc une fonction dramatique.

Enfin, il définit les codes de lecture. Par exemple, le lecteur sait qu’il lit un conte par la formule « il était une fois ». Certains éléments peuvent laisser supposer le roman d’aventures ou mettre en place le suspense d’un roman policier.

Types d’incipits.

- l’incipit statique a une fonction informative. Il décrit les personnages ou le décor, mais aussi le contexte historique, politique ou économique. Il permet de repousser l’action du récit.

- l’incipit progressif donne des informations au fur et à mesure qu’il avance mais il ne répond pas à toutes les questions de base (qui, quoi, où, quand…)

- l’incipit dynamique ou « in medias res » (au milieu des choses) lance directement le lecteur dans l’action, sans aucune explication. Cet incipit a un effet dramatique immédiat.

- l’incipit suspensif repousse l’action sans donner aucune indication. Il sert à dérouter le lecteur.

Incipits célèbres.

« La première fois qu’Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide. » Louis Aragon, Aurélien.

« Longtemps, je me suis couché de bonne heure. » Marcel Proust, Du côté de chez Swann.

« Aujourd’hui, Maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. » Albert Camus, L’Etranger.

« Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme. Lo-li-ta : le bout de la langue fait trois petits bonds le long du palais pour venir, à trois, cogner contre les dents. Lo. Li. Ta. » Vladimir Nabokov, Lolita.

 « Comment s’étaient-ils rencontrés ? Par hasard, comme tout le monde. Comment s’appelaient-ils ? Que vous importe? D’où venaient-ils ? Du lieu le plus prochain. Où allaient-ils ? Est-ce que l’on sait où l’on va? Que disaient-ils ? Le maître ne disait rien ; et Jacques disait que son capitaine disait que tout ce qui nous arrive de bien et de mal ici-bas était écrit là-haut. » Denis Diderot, Jacques le Fataliste.

« C’était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d’Hamilcar. » Gustave Flaubert, Salammbô.

« DOUKIPUDONKTAN, se demanda Gabriel excédé. » Raymond Queneau, Zazie dans le métro.

« Le soleil brillait, n’ayant pas d’alternative, sur le rien de neuf. » Samuel Beckett, Murphy

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site