Nouvelle

Caractéristiques.

Une nouvelle est un écrit en prose, le plus souvent très court, mais cette longueur est souvent remise en cause car il existe des nouvelles qui durent autant sur une page que sur des dizaines. Toutefois, c’est la brièveté du récit qui permet  de rendre l’atmosphère plus percutante et d’intensifier les effets du texte.

De manière générale, la nouvelle tourne autour d’une seule intrigue car sa taille ne permet pas d’en développer d’autres. Il n’est cependant pas impossible de trouver des événements de second plan. La nouvelle n’a pas de vocation morale, mais elle se termine par une chute, qui peut remettre en cause ce qui vient d’être lu : elle doit surprendre le plus souvent, pour garder un souvenir de la nouvelle. Cette chute peut être extrêmement courte et tenir en quelques lignes seulement.

Les personnages de la nouvelle sont aussi limités en nombre et dans leur développement.  

 

Historique.

La nouvelle est apparue en France au Moyen-âge. Il s’agissait alors de courts textes, distribués dans la rue, qui pouvaient être comparés aux autres textes de l’époque que sont les fabliaux ou les exemples. Le premier recueil est publié entre 1430 et 1470 de manière anonyme et s’intitule Cent nouvelles nouvelles, qui s’inspirent directement du Décaméron de l’italien Boccace.  

Mais c’est en 1558 que la nouvelle reçoit ses vraies premières lettres de noblesse grâce à l’Heptaméron de Marguerite de Navarre, sœur du roi François Ier, qui s’inspire à nouveau de Boccace. Ses nouvelles traitent à la fois de sujets légers et de sujets graves, ce qui montre la pluralité du genre. Au siècle suivant, les Nouvelles exemplaires de Cervantès, auteur du Don Quichotte, contribuent à populariser le genre. Au fur et à mesure, les caractéristiques de la nouvelle se rapprochent du roman, mais ce dernier est un genre plutôt bas à l’époque. C’est pourquoi La Princesse de Clèves est appelée « nouvelle » par son auteur Madame de Lafayette, bien que l’œuvre soit plutôt considérée de nos jours comme le premier roman moderne, notamment à cause du développement de l’intrigue et de la profondeur du personnage principal. Toutefois, il s’agit bien d’une nouvelle pour l’époque car le roman est beaucoup plus long (on parle de roman fleuve) et développe beaucoup plus les intrigues et les personnages.

Le XIXème siècle est l’âge d’or de la nouvelle (tout comme pour le roman). Les grands auteurs du siècle se sont presque tous essayés au genre (Balzac, Flaubert, Hugo, Stendhal, Sand, Zola…) tandis que l’œuvre d’autres se voit principalement marqué par la nouvelle : Maupassant a par exemple publié plus de 300 nouvelles dans 18 recueils différents ; le russe Anton Tchekhov en a écrit plus de 600. Ainsi, on peut voir que le genre ne se limite pas à la France : les Américains Henry James et Edgar Poe ou les Russes Pouchkine et Nicolas Gogol ont aussi écrit de nombreuses nouvelles au XIXème siècle.

Le XXème n’est pas en reste quant aux nouvelles. Jean-Paul Sartre l’a par exemple bien illustré dans son recueil Le Mur. Le genre se développe encore plus à l’étranger, et notamment en Italie, grâce à des auteurs comme Italo Calvino, Leonardo Sciascia et surtout Dino Buzzati avec son célèbre recueil Le K. Les Américains sont aussi très productifs en ce qui concerne la nouvelle. En effet, de grands noms comme John Steinbeck, Raymond Carver, Carson McCullers, H.P. Lovecraft, ou encore Francis S. Fitzgerald se sont essayés au genre, soit ponctuellement soit complètement. Il faut aussi noter l’importance de l’Argentin Jorge Luis Borges dans le genre. 

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